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Résumé de deux croisières aux Canaries

du samedi 2 au samedi 16 septembre, puis du 16 au 23 septembre2000

Résumé : pour les deux premières semaines, Philippe était skipper avec trois équipiers, Jean Claude, Robert et

moi. Pour la deuxième, Pierrick était skipper avec Pierrette et moi. Le temps a été clément, même trop calme

avec Pierrick et Pierrette , et nous avons pu naviguer, mouiller sans risque et visiter les îles de Gomera, La Palma

et Ténérife en voiture de location. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les nuages qui se forment lorsque les alizés

buttent contre les îles et déposent leur humidité sur un versant verdoyant alors que l’autre est aride. Peu de

marinas (deux), ports peu accueillants, mouillages mal indiqués sur l’Imray, vents qu’il faut chercher loin des

côtes et surtout changeants extrêmement rapidement, cela étant causé par le relief escarpé des îles.

Samedi 2 septembre, dimanche matin, le bateau était amarré bien à l’abri dans la marina de San Sebastian de

la Gomera, il suffisait de prendre le car à l’aéroport, puis le ferry à Los Christianos, puis de fantasmer pendant la

traversée, par force 6 ou plus, sur les conditions qui nous attendaient pour notre croisière. San Sebastian est le

port d’où est parti Christophe Colomb à plusieurs reprises pour découvrir les Amériques. J’ai pu y admirer un

beau cadran solaire moderne, apprécier la cuisine locale, faire quelques courses, prendre connaissance des

croisières précédentes, remplacer SKIPPER 1999 par SKIPPER 2000 et réparer le thermomètre du frigo (pas le

thermostat) avant que les provinciaux me rejoignent le dimanche après-midi.

Dimanche 3 septembre, arrivée tardive du gros de l’équipage perdu par les horaires des ferries, heureusement

qu’il y a quatre traversées par jour ; on dîne au club de la Gomera.

Lundi 4 septembre, balade dans San Sebastian, visite de l’église, on prend une sangria au Parador Hotel avec

ses jardins fleuris d’où il y a une magnifique vue sur le Teide. On loue une voiture vers 17h, c’est tard car le

coucher du soleil est à 20h et en une demi-heure on passe du plein soleil à la nuit noire. A cause du relief de la

Gomera avec ses canions érodés, on passe par le centre de l’île, une forêt dense de lauriers succèdent à des

paysages arides et on va dîner à Valley Gran Rey, derrière le port. Pas accort, ce port, il faut une ancre et une

amarre pour rester éloigné du quai au pied duquel il y a d’énormes rochers. On mouillera donc par la suite près de

la plage. On rencontre l’équipage de la goélette qui était ce matin à San Sebastian et qu’on avait aperçue vers

midi du haut du Parador Hotel ; ils voulaient contourner la Gomera par le nord, mais y avaient renoncé surtout à

cause de la houle. Ils ont pris par le sud, bien protégé ainsi que San Sebastian, du vent du NNE.

Mardi 5 septembre, le matin, un détour par Playa de Santiago nous fait admirer la résidence jardin hôtel Tecina,

avec nombreuses piscines, Allemands en majorité, à 500F par personne et par jour en demi pension, puis visite

du parc national de Garajonay, de son centre d’information pour les visiteurs, avec vidéo en français, de son jardin

rempli de plantes dont beaucoup me sont inconnues et enfin retour pour rendre la voiture. Achat de 100l d’eau et

des mangues excellentes. Un feu d’artifice salue les vainqueurs de la course croisière d’Espagne.

Mercredi 6 septembre, achats, préparation et petit entraînement en mer. Vent fort dès qu’on s’éloigne, on

mouille pas loin, à 3 miles au sud ouest, on déjeune, on se repose, on se baigne et on revient à la marina car le

vent est fort. Demain, la météo prévoit plus de calme.

Mouillage du déjeuner : ouvert au sud-est, fond de sable par 8 à 10m en face de la plage.

Jeudi 7 septembre, départ « matinal », en réalité on s’attend jusqu’à 17h et après dix miles en quatre heures de

voile, on mouille dans une crique précédent Playa Santiago, ce serait la crique Suarez. On est abrité, peu de

vent, mais houle et bruit du ressac qui fait rouler les galets, bruit amplifié par les falaises. Tout cela me fait peu

dormir. Mais enfin, on se baigne à partir du bord, car on hésitait à San Sebastian, les plages des Canaries étant

peu engageantes avec leur sable noir et les pieds qui deviennent tout noirs, mais un simple coup d’eau et le sable

disparaît. Vers 23h, Philippe entraîne Jean-Claude vers la ville, d’abord en annexe à la plage puis à pied à travers

vallons et collines. Ils rentrent vers 2h.

Vendredi 8 septembre, réparation de l’annexe sur la plage avant, grattage, colle deux composants, ça a l’air de

ne plus fuir et départ à 13h50 après un déjeuner conquis avec difficulté auprès de Philippe qui voulait nous faire

partir le ventre vide. Encore une fois juste avant le coucher de soleil, mouillage, devant la plage de Valley Gran

Rey et pas devant les falaises à la demande de Robert qui préfère une vue plus souriante, ni dans le port pour les

raisons précédentes.

Samedi 9 septembre, enfin, un départ matinal à 9h20, mais c’est pour effectuer la traversée vers l’île de La

Palma que l’on compte n’atteindre que le lendemain, il y a tellement peu de vent. On ne peut passer par l’île de El

Hierro, au sud-ouest, car on n’aurait pas le temps de revenir à Ténérife où les épouses de Philippe et Jean-Claude

ont rendez-vous. En réalité, dès que l’on s’est éloigné de La Gomera, on trouve l’alizé du nord-est promis par la

météo et on arrive à La Palma où l’on mouille à 20h20 deux miles avant Puerto Naos que l’on ne peut atteindre

avant la nuit. Même type de mouillage devant la plage.

Dimanche 10 septembre, rien à acheter, pas de ballade, on peut lever l’ancre à 9h10 pour Puerto Naos, pas du

tout un port mais une station balnéaire avec un bon mouillage abrité pris à 10h. Le vrai port à cinq miles ne

possède pas de loueur de voiture, et comme on a envie de visiter le parc national Caldera de Taburiente avec son frais ; il n’y a qu’un seul loueur ouvert le dimanche. Location pour 14h, avec fin prévue lundi à la même heure.

Cela nous permet de faire la montée l’après midi, de visiter l’observatoire, le nord du parc, avec ses précipices

vertigineux, de redescendre vers Porto Cruz, de visiter cette capitale rapidement de nuit, de repasser par un

tunnel la chaîne de montagnes qui forme l’épine dorsale de l’île, de dîner dans une auberge typique et de rentrer à

bord. Il y a des palmeraies partout, dans le moindre bout de terrain cultivable ; des tuyaux apportent l’eau.

Lundi 11 septembre, le matin, on profite de la voiture pour visiter le centre du cratère, la caldera et après une

bonne marche à pied, on visite le centre d’information des visiteurs. Le cratère est en fait formé par érosion

fluviale. Les pins ont ici la particularité de repousser après un incendie. Enfin, on rend la voiture à temps. Vers

17H, on part pour un port plus au nord à 11 miles, Tazacorte où l’on arrive à temps pour pouvoir éviter les

embûches et voir le coucher de soleil, mais le moteur a ronronné pendant deux heures. C’est un port en réfection;

d’énormes pontons flottants préfabriqués seront coulés pour former les quais et la digue. Notre prise de bouées ne

plait pas aux autochtones et nous allons sur leur conseils nous amarrer contre le quai. Pas d’eau ni électricité pour

un prix trop cher, mais enfin nous sommes à l’abri.

Mardi 12 septembre, départ à 9h45 pour Ténérife. Nous laissons la place aux grues. Voile sans incident.

Mercredi 13 septembre, au petit jour, magnifique lever de soleil sur le Teide et sur la côte qui paraît si proche.

On met le moteur et on laisse à bâbord le phare que l’on voyait depuis bien longtemps, un beau phare très

moderne avec escalier extérieur. On ne pourrait pas se permettre cela en Bretagne, il pleut trop. À 11h45,

mouillage dans la baie de San Marcos, au pied de l’hôtel indiqué par Imray, bien que les grands immeubles

modernes soient des amers bien plus caractéristiques. Sable fin et plage à proximité : repos,

poissons près des rochers où des enfants plongent, douche municipale, mais aussi réparations diverses,

bricolage, grattage de vernis et 1ère couche, les suivantes seront bien sûr appliquées par la suite.

Jeudi 14 septembre, 10h, départ pour la marina de Los Gigantes. On passe entre Garachico et son rocher en

mer. Pas de carte détaillée, Jean-Claude et moi sommes à l’avant, on avance à 1,5 noeuds, scrutant le fond, 17m

mini, on ne voit que de jolies et nombreuses méduses ; il n’y n’en a eu que là. Plus loin, on ne se risque pas à

entrer dans l’anse protégée par une digue à moitié submergée et de nombreux rochers dont je peux vous fournir

des photos prises du haut de la falaise. Spi et peu de vent, repart-on vers La Palma ? Mais non, on cherchait le

vent au large ! Effectivement, plus au sud, le vent sera masqué par les falaises, il faut dire q’elles font 700m ! À

2,5miles au nord-ouest de notre arrivée, on aperçoit plusieurs bateaux de touristes dans une crique protégée par

ces falaises, avec une sorte d’oasis, on s’y attarde, on prend un coffre, on va à terre pour perdre du temps et

pouvoir arriver enfin à la nuit tombée à la marina, heureusement éclairée.

Quant à l’oasis, c’est vraiment impressionnant, après coup, je ne regrette pas d’y être allé. Les randonneurs

mettent quatre heures pour descendre depuis la route la plus proche. Arrivés en bas, ils prennent un bateau pour

rentrer. J’y ai vu des plantes d’eau avec des feuilles de 40cm sur 60cm, toutes sortes de plantes et arbres, et

même une libellule. L’eau arrive par un tuyau dont le captage est situé plus haut dans un défilé aride. Des cultures

en terrasse paraissent abandonnées sauf de la vigne. Une maison cachée par la végétation avec des éoliennes et

des panneaux solaires est habitée.

Mouillage : il est ouvert au sud-ouest, il y a un peu de houle, abrité du vent du nord, nord-est et est, et même

peut-être sud-est. Se mettre en face de la plage : fond de sable par 7m à 8 mètres, pas à gauche, il y a des

rochers ni en face de l'oasis car le fond est rempli de rochers. Il y avait même, quand nous y avons mouillé, une

petite ancre coincée avec sa chaîne qui étaient retenues par un pare batte. Les poissons et crabes vers la falaise

à gauche (Nord Ouest) sont très jolis et peu craintifs.

Quand à la marina de Los Gigantes, on se croirait à la prison de Fresnes, de hauts murs l’entourent mais c’est

pour la protéger, les vagues peuvent passer quelques fois par dessus. Bon accueil à la capitainerie, la nuit de port

est à 160F mais pour ce prix là, on a une place de bateau de 15m, avec tout le confort.

Vendredi 15 septembre, location de voiture pour deux jours, pour pouvoir se promener et chercher l’équipage

suivant. De suite, on va en haut de la falaise, 1170m au col. Coucher de soleil, descente vers Garachico, visite de

la ville, pot sur la place, très bon dîner à la Casa Gaspar. Retour à bord, il y a des cafards partout sur le quai, et ils

volent, espérons qu’ils ne sont pas montés à bord, on a fait attention. Leur prolifération est causée par le

changement de temps.

Samedi 16 septembre, nettoyage du bateau pour les suivants, propreté et lessive. Les épouses arrivent, on a

volé le sac de Marie-Joe dans sa voiture lors d’une halte près du Teide. Papiers à refaire, billets, perte de temps…

Robert et moi partons vers 11h pour faire le tour du Teide, nous visitons un peu le Parc National, déjeuner

typique, montée au téléphérique et récupérons Pierrick et Pierrette à l’aéroport. Retour par la côte, Los

Christianos n’est vraiment pas pratique pour un relais d’équipage, ce n’est pas une marina. Los Americas, c’est

du clinquant pour touristes et voudrait concurrencer Las Vegas. Port Colom est une marina, paraît-il toujours

complète.

Dimanche 17 septembre, tour de Ténérife, on dépose Robert à l’aéroport. À midi, visite de la basilique de

Candelaria où nous assistons à la fin de la messe, —ferveur, fleurs nombreuses et magnifiques, statues

vénérées, tableaux ex-voto, bougies électrifiées—, puis déjeuner typique bon et pas cher, est-ce l’effet

concurrence ? Passage par Santa Cruz, changement de climat quand on arrive au versant nord de l’île, humide,

nuageux et verdoyant. Puerto de la Cruz n’est pas un port, c’est minuscule et la houle oblige les pêcheurs à hisser

les bateaux sur la digue. En comparant avec une vieille carte postale, je m’aperçois que le parking autos était une

plus rentables, la preuve en est les toilettes publiques en granit, rose ou noir selon leurs utilisateurs. Une halte

pour voir le fameux dragonnier multi-millénaire à Icod de Vinos puis Garachico et son anse à l’abord difficilement

praticable. Retour pour dîner à bord, et comme c’est dimanche, le bureau de location est fermé et on a pu

conserver la voiture quelques heures supplémentaires.

Lundi 18 septembre, achats et départ pour La Gomera à 12h45. Pas de vent, mouillage à 19h45 à Playa de

Chingarime, à l’est de Santiago où la houle est trop forte. Cette plage est dans la même crique mais un peu plus à

l’est que la fois précédente. On fait un essai de BLU à 18h30 avec le copain de Pierrick à Montpellier, il nous a

entendu, mais pas nous. Les falaises étaient trop proches.

Mardi 19 septembre, à 12h15, on lève l’ancre pour la marina de San Sebastian, où je retrouve les sympathiques

responsables de la capitainerie. Les bidons d’eau sont remis dans le congélateur. Achat des meilleures mangues

du séjour dans une quincaillerie, elles proviennent du jardin de son propriétaire.

Mercredi 20 septembre, Location de voiture, j’ai le plaisir de faire découvrir à Pierrick et Pierrette les trésors de

l’île.

Jeudi 21 septembre, achat de viande et de deux poissons au marché couvert, est-ce du mérou et l’autre, qu’estce

? Départ à 11h30 pour Ténérife, le vent fort ne tient pas et de 2 ris, 8 tours, harnais etc., nous passons bientôt

au moteur. Mouillage à 15h30 devant la plage de l’oasis à 2,5 miles au NW de Los Gigantes. Petit tour en mer

pour obtenir la liaison avec le copain en BLU, mais s’éloigner d’un mile et demi n’est pas suffisant avec les 700m

de falaises, ou bien est-ce la fréquence choisie qui ne passe pas à cette heure-là ?

Vendredi 22 septembre, on lève l’ancre à 11h30, un petit coup de téléphone pour réserver notre amarre et à

12h30 nous voilà de retour à Los Gigantes. Plus de cafards. Location de voiture, et Pierrick avec Pierrette

m’amènent à l’aéroport d’où mon avion décollera avec ses 3 heures habituelles de retard.

Samedi 23 septembre, Pierrick et Pierrette repartiront mouiller en attendant leur nouvel équipier prévu lundi. Le

bidon de 5l d’eau minérale qui est remis à geler dans le congélateur du restaurant.

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